La grève étudiante: que nous apprend-elle ?
Par Marc Debanné, avril 2005.
Chers amies et amis des GBUC,
Au moment où
j’écris ces lignes, la vie universitaire et collégiale
québécoise continue d’être fortement
pertubée par la grève étudiante. Beaucoup
d’étudiants de la province et de l’extérieur
sont inquiets des conséquences de cette interruption de leur
cursus académique. J’espère que lorsque vous
lirez ces lignes, une solution constructive aura déjà
été trouvée et le semestre sauvé, mais
cela n’est pas garanti.
Les activités
et projets des divers GBU et GBC ont eux aussi été
affectées par la grève, avec une ampleur différente
selon les écoles. Par delà les coûts immédiats
pour nos personnes et nos groupes, cette crise nous pousse à
considérer aussi ce que dit la Bible sur les enjeux de
société qui soustendent cette crise. J’aimerais
offrir ici quelques réflexions très personnelles sur le
sujet.
(1) Dans la
mesure où elles reflètent le souci de justice et
d’égalité des chances dans notre société,
les revendications des étudiants en grève méritent
notre appui. Les Écritures nous répètent
inlassablement que Dieu garde un oeil bienveillant sur les pauvres,
et qu’il juge les sociétés à la lumière
de ce critère (les références abondent... déjà
dans la Torah, Deut 15:1-11 nous dévoile la pensée de
Dieu sur la justice sociale). Beaucoup de pays tiennent au principe
de l’accès abordable aux études pour tous
étudiants, quels que soient leurs moyens financiers. Or le
programme de bourses a comme utilité spécifique d’aider
les étudiants les plus pauvres. Que le Québec se
distingue en continuant à être un leader dans ce domaine
au Canada (avec un programme de bourse généreux et des
frais de scolarités bas) me paraît un but très
défendable, et cela mérite un combat.
(2) En même
temps, pour que le gouvernment puisse vraiment aider les plus
pauvres, il faut que les plus riches prennent leurs responsabilités.
Je parle ici de la majorité des gens (après tout, le
Québec est une société riche !). Quand j’entends
parler de parents investir dans des vacances exotiques, des chalets
et autres dépenses immédiates, sans mettre de côté
des sous pour les études de leurs enfants; quand j’entends
parler d’étudiants en moyens qui décrochent une
bourse d’étude pour ensuite l’investir pour un
profit personnel ... je peux comprendre que le gouvernement veuille
serrer la visse ! Il faut que les individus commencent à
prendre des initiatives personnelles pour faciliter l’avenir
des jeunes qui leur sont proches et ne plus mettre tout le fardeau
sur le gouvernement, c’est-à-dire sur le reste de la
communauté. Les chrétiens doivent donner l’exemple
dans ce domaine. 1 Tim 5:3-16 est un bon passage à méditer
à cet égard. Il s’agit non pas d’étudiants
mais de personnes âgées, et de plus dans une société
sans programmes sociaux universels. Malgré les différences
de contexte, il y a des principes à retenir: la communauté
locale a une part active à jouer, la famille aussi (la
personne concernée également!) pour préparer et
bien vivre la période d’indigence.
(3) Alors que
1 Tim 2:1-4 et Rom 13: 1-7 nous invitent à soutenir notre
gouvernement et à prier pour nos responsables et même
leur être soumis, il faut comprendre que notre système
démocratique nous invite aussi à participer et à
élever la voix ! Personnellement, j’appuie l’initiative
de toute étudiante ou étudiant chrétien qui
s’est impliqué(e) dans cette lutte d’un bord ou de
l’autre de la clôture. Cela dit, le chrétien doit
se distinguer par sa promotion du respect de l’adversaire dans
ses droits démocratiques. Les votes de fédérations
étudiantes qui se font dans des contextes d’intimidation,
les mesures violentes, les refus catégoriques de compromis
dans les négociations (que ce soit d’un côté
ou de l’autre), doivent être combattus. Dans ces
situations, des croyants peuvent de chaque côté jouer un
rôle pour améliorer le processus, en apportant leur
“grain de sel” (Mat 5: 13 évoque bien ce rôle
!) .
Comment
prier? Je suggère que nous intercédions auprès
de Dieu pour les choses suivantes: de la sagesse pour le gouvernement
québécois; de la sagesse pour les fédérations
étudiantes; pour que les discussion aboutissent bientôt
à un compromis constructif; pour une politique gouvernementale
de l’éducation qui unisse les gens; pour les étudiants
québécois qui souffrent de cette interruption de leurs
études; les étudiants non-québécois et
internationaux qui sont vraiment mal pris dans cette affaire; et pour
que Dieu utilise le témoignage et l’influence des
étudiants chrétiens.
Prions aussi
pour les GBU/GBC et autres associations de chrétiens sur les
campus qui contiuent à se réunir et à témoigner.
Malgré les défis, notre projet de cours Alpha, nos
groupes d’étude et de prière, et notre réflexion
statégique en équipe continuent. Notre camp d’hiver
en début mars sur les relations gars-filles avec Yves et
Kathryn Alarie a été d’un grand encouragement
pour les 60 campeurs. Pendant ce temps, les préparatifs de la
Fête du 40ème des GBUC, le 29 octobre, se
poursuivent! Que nous puissons continuer à être le sel
de la terre en toute circonstance!
Amitiés
à tous,

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